Face à la mutation du GEO, que peut nous apporter l’histoire de la R&D SEO ?

Le SEO traverse aujourd’hui une transformation majeure.

L’essor du GEO (Generative Engine Optimization) bouleverse les règles du jeu de la visibilité en ligne. Mais avant de courir vers l’inconnu, et si l’histoire de la R&D SEO avait déjà des réponses à nous offrir ?

Lors d’un webinar webinar exceptionnel, Alban Renard, Head of Expertises chez CyberCité, et Elliott Bobiet, expert SEO du SEO & GEO Summit, ont échangés sur les mutations du SEO.

Au programme : une mise en perspective rare, entre passé, présent et futur du Search. Ce que l’histoire de la R&D SEO nous dit sur la manière d’aborder la transition vers le GEO et comment en faire une opportunité plutôt qu’une menace.

Opposer SEO et GEO est une erreur d’analyse. Le Search évolue,  et même s’il fragmente, considérer le GEO comme un levier d’acquisition indépendant et autonome, est une erreur qu’il faudra rapidement reconsidérer.

L’histoire du digital nous l’a déjà appris. Lorsque Facebook a émergé et que le « SMO » (Social Media Optimization, RIP petit acronyme) est devenu un levier stratégique, beaucoup ont choisi de cloisonner les approches. Ceux qui ont gagné ont été ceux qui ont compris la complémentarité des canaux, le rapport fort entre influence, branding, discours de marque et performance.

Même chose aujourd’hui : le moteur de recherche s’appuie sur l’intelligence artificielle depuis des années. Les modèles comme BERT ou MUM avaient déjà profondément transformé la compréhension des intentions et du langage naturel. Le GEO n’est donc pas une rupture, mais l’étape suivante d’un mouvement amorcé depuis longtemps. La vraie mutation, c’est son apparition auprès du grand public, et donc une prise de conscience plus forte de la part des annonceurs. Le « Nice to have » qui devient considéré comme un « must have ».

2. Faire de la R&D sans framework : une nécessité stratégique

Le vrai défi n’est pas théorique. Il est opérationnel. Comment structurer une stratégie sur un terrain où aucun cadre stabilisé n’existe encore ? Chez CyberCité, la réponse est simple : explorer et pousser le sur mesure, plutôt que de vouloir tout normaliser sur la base d’un prisme d’analyse qui appartient déjà au passé.

  • L’agilité comme méthode : tester en continu, observer les réponses des LLM, utiliser des environnements isolés (VPN, simulations), confronter les outputs probabilistes. L’objectif n’est pas de produire des certitudes, mais d’identifier des signaux faibles et d’en tirer des bonnes pratiques pour les clients les plus matures, tout en acculturant les autres progressivement.
  • Vers une logique de Global Search : le SEO ne peut plus fonctionner en silo. La performance se joue désormais sur la convergence : Data, Média, SEO, Content marketing … Le GEO impose une vision globale de la visibilité. On ne référence plus uniquement des pages, on travaille la perception d’une marque et de son empreinte face à son écosystème concurrentiel et informationnel.

3. Garder un œil critique sur la data LLM

C’est l’un des points de vigilance majeurs soulevés lors du live : la data issue des outils de monitoring LLM est encore fragile. Par essence, elle manque encore de robustesse.

  • Le piège Copilot : les données provenant de Copilot et diffusées dans Bing Webmaster Tools (donc très liées à l’écosystème Microsoft) ne sont pas forcément suffisantes et représentatives de la « data grand public » que Google et Open AI détiennent, mais ne diffusent encore qu’au compte-gouttes via Trends ou des études globales d’usage.
  • Tendance vs Mathématiques : Le SEO reste un monde de tendances et non de certitudes mathématiques. Il faut accepter que les sources d’information soient aujourd’hui incomplètes et modélisées. Accepter l’incertitude devient une compétence stratégique. La qualité de l’analyse multi-sources est essentielle, surtout dans un monde où le trafic a vocation à décroitre, et la visibilité à se diffuser sur des formats et des plateformes multiples.

4. Le conseil n°1 pour être visible dans les IA (Spoiler : ce n’est pas technique)

Si vous cherchez un « hack » technique pour apparaître dans ChatGPT ou Gemini, vous faites fausse route. Pour une marque qui souhaite dominer son secteur, se concentrer sur le produit/service et l’offre de valeur est l’objectif numéro 1 à poursuivre

  • Zéro friture sur la ligne : la qualité de votre offre et votre e-réputation sont vos meilleurs atouts. Les IA synthétisent et remontent à la surface les avis et les retours d’expérience ; si votre marque est associée à des signaux négatifs, aucun hack technique ne pourra compenser cela.
  • La preuve par l’expertise : pour être cité comme source de vérité par une IA, il faut diffuser une expertise réelle et vérifiable, un peu comme si vous vous adressiez à un journaliste.

5. De nouveaux KPIs pour mesurer la visibilité

Le monitoring du GEO change la donne. Au lieu de traquer uniquement des mots-clés, il est désormais prioritaire de :

  • Désambiguiser les requêtes, de les relier à des besoins ou à des pain points réels, reliés à vos cibles prioritaires et affinées
  • Monitorer des requêtes complexes, proches des questions réelles des utilisateurs (longue traîne conversationnelle).
  • Mesurer la probabilité de présence de la marque dans les réponses générées.
  • Analyser les angles adoptés par l’IA : citation neutre, recommandation, comparaison, mise en contextes.

La visibilité devient qualitative autant que quantitative.

Conclusion : « Move before it moves »

La baseline de Cybercité a évolué de « More Traffic, More Business » vers « Move before it moves ». Le message est clair : dans un monde où les attentes des internautes mutent vers des outils conversationnels, où les outils deviennent de toute manière conversationnels, l’attentisme est le plus grand risque.

Anticiper, tester, ajuster : c’est aujourd’hui la seule manière de rester visible dans un écosystème où le Search ne disparaît pas… il se transforme.


Écrit par Alban Renard,
Head of Expertises & innovation